| Le Secret de Maître Cornille Les Lettres de mon Moulin (Marcel Pagnol - film de 1954) |
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Scène de tournage du sketch " Le Secret de Maître Cornille ". |
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(Photo de gauche.) |
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L'adaptation cinématographique des Lettres de mon Moulin |
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Séquence d'introduction : Le décor, " à mille lieu des fiacres" et des " Français de Paris ", les vêtements des deux personnes, leur accent, les mots utilisés, visualisent et mettent en paroles l'écriture de la nouvelle ; ils la situent clairement en Provence, dans le décord es Alpilles, dans le village de Fontvieille, appelé ici Pampérigouse, en modifiant quelque peu, pour les besoins du film, l'écriture. Ces modifications ne changent pas le sens de la nouvelle : le langage cinématographique, par sa spécificité, la traduit en sons, en paroles et en images. Dans la nouvelle, l'interlocuteur d'Alphonse Daudet est un vieux joueur de fifre, " qui vient de temps en temps faire la veillée chez moi ", sans plus de détails et de description du lieu dans lequel se place le récit. Chez Marcel Pagnol, le vieil homme est remplacé par la femme en costume régional, avec coiffe d'Arlésienne, fichu croisé, jupe en indienne, croix tenue par un ruban ; assise devant le potager de la cuisine du moulin des Cigalières. Elle fait face à Alphonse Daudet, le poète d'origine méridionale comme elle, qui parle avec l'accent chantant, mais dans un langage moins familier, plus bourgeois et instruit, chacun vivant dans son contexte social et dans un lieu bien distinct. La vieille Arlésienne emploie des noms provençaux : Font Bégude par exemple, indique la toponymie d'un lieu, la " font " étant la fontaine, la source, et la " bégude " la halte où l'on servait à boire sur les anciennes voies de communication. Ce personnage, absent de la nouvelle, a pour but non seulement de narrer le drame, comme le faisait Francet Moumaï, mais aussi de le situer dans son contexte provençal. Alphonse Daudet est vêtu comme un homme de la ville, bien loin du costume régional qui, dans un contexte urbain, apparaît comme archaïque : la ville, Paris en l'occurence, d'où partent le changement, la brutale industrialisation, la menace, rencontre la province, les deux étant très éloignées, si ce n'est conflictuelles, comme le drame de Maître Cornille va le faire apparaître. Le dialogue est filmé en champ et contrechamp, changeant d'angle sans changer de cadrage, accentuant le contraste entre les interlocuteurs. Les plans d'ensemble situent les deux personnages dans le décor d'une cuisine rudimentaire (en fait la seule pièce car l'on y aperçoit aussi un lit) où les accessoires. Ici, les ustensiles de cuisine en terre cuite parlent d'une activité séculaire en Provence, particulièrement présente à Aubagne, ville natale de Marcel Pagnol. Pour l'adaptation cinématographique, l'action se situe dans le présent, alors que dans la nouvelle, le vieux joueur de fifre raconte une histoire dont il a été le témoin " il y a quelque vingt ans ". |
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| Séquence suivante : Sur le chemin du moulin ; du rôle de la cigale dans la bande son |
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Dans un décor provençal de garrigue, le poète trouve une cigale sur un tronc de pin (opération moins aisée dans la réalité car les cigales mâles - les femelles ne chantant pas - n'ont pas pour habitude de se placer à portée de main, et leur chant - la cymbalisation - les rend assez facilement repérables. Elles se placent plus en hauteur sur les troncs de pins, dont elles prennent par mimétisme les couleurs et les formes des écorces. La cigale grise (" cacan " en Provençal) est un insecte représentatif du Sud de la France, qui ne chante que lorsqu'il fait chaud La cigale, comme le fifre et le tambourin qui accompagnent le titre, est un élément sonore qui transporte le spectateur en Provence et contribue au réalisme de l'environnement choisi pour le film. Alphonse Daudet continue de se diriger vers le moulin de Maître Cornille, traversant les flancs encaissés du vallon des Escaouprès, un espace qui n'existe pas à Fontvieille. Le moulin situé au sommet de Tête Ronde apparaît alors, vu en contre-plongée à partir du fond du vallon des Escaouprès. Marcel Pagnol a tourné les divers plans de cette séquence dans les collines de La Treille, faisant partie du massif du Garlaban (en fait, dans les collines de son enfance dont il nous parlera plus tard dans La Gloire de mon Père et Le Château de ma Mère). |
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| Séquence à l'extérieur du moulin, sur la plate-forme | ||||||
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Le texte littéraire utilise des mots pour décrire le décor, mots que le cinéaste traduit en images pour construire l'ambiance. Marcel Pagnol met en scène Vivette, Maître Cornille et Alphonse Daudet dans une échelle de plans qui, dans cette séquence, alternent. Le très gros plan est utilisé seulement pour le meunier, cadré en plan américain, de face, personnage clé du drame, " un vrai bohémien, pieds nus, le bonnet troué, la taillole en lambeaux " ; son extrême dénuement apparaît particulièrement dans la séquence, grâce à sa veste usagée. Un gros plan de son visage est particulièrement émouvant. Le plan d'ensemble situe les trois personnages dans un cadre, un champ visuel, un décor, où le moulin et les toiles rapiécées de ses ailes qui continuent à tourner renforcent la situation dramatique et l'impression de ruine d'une activité condamnée par la modernisation que déplore Maître Cornille, victime du progrès technique. " Et pourtant les ailes de son moulin allaient toujours leur train comme devant ", " la porte toujours fermée, les grosses ailes toujours en mouvement ", portant le secret du meunier. Par le décor, Marcel Pagnol respecte l'intention du sens visuel de l'écriture d'Alphonse Daudet, dans le même but d'imprégner l'imaginaire du spectateur, averti par l'extrait du début : " Tout a une fin en ce monde... Le Mistral avait beau souffler, les ailes restaient immobiles... Il faut croire que le temps des moulins était passé ". |
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Le 18 avril 2011, |
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