Portrait de Georges Berni (1913-1998)

 

 

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 Les premières années, jusqu'au retour de captivité
 

   


Georges Berni est né le 23 janvier 1913, à Aubagne.

Après avoir suivi ses études primaires et secondaires à l'école Lakanal, il entre à l'École Normale d'Aix-en-Provence, pour devenir Instituteur dès 1933.
Premier poste à Gémenos, service militaire en Tunisie, au 8ème Régiment de Tirailleurs, entre le 16 avril 1934 et le 16 mars 1935.
Dès la fin du service militaire, il est nommé à l'école primaire de La Milière (quartier de Marseille).
Marié en mars 1937 avec Denise Giraud, une jeune Aubagnaise, il est ensuite muté à La Valbarelle, quartier de Marseille.

Mais la guerre arrive, et il est rappelé au 27ème Régiment de Tirailleurs d'Afrique le 26 août 1939.
Le 20 mai 1940, il est fait prisonnier à Busigny, puis emmené au stalag de Wustrau (nord-ouest de Berlin). Les prisonniers de guerre sont alors employés aux travaux des champs afin de remplacer les hommes partis à la guerre. En dehors de ces travaux, il occupe son temps à écrire des poèmes, à monter des pièces de théâtre comme Marius de Marcel Pagnol, avec quelques camarades. 

 Extrait d'un poème tiré de son recueil de Souvenirs de captivité :
Noël 1941
(les deux premiers quatrains)

 " Pourtant, il faut bien le dire à nos cœurs de misère,
 Le mot que je supplie au nom des pauvres gars,
Même si tu n'y crois et si tu désespères,
Si demain tu résonnes, ainsi qu'un sombre glas,

 Tu leur dois, bon Noël, le mot del'espérance,
Comme un bruit clair et doux, le mot si consolant,
 Le mot qui conduit vers le pays de France,
Le mot d'amour mendié par leurs cœurs ruisselants."


L'appel du pays étant trop fort, Georges tente plusieurs fois de s'évader. La persévérance lui réussit car à la troisième tentative, en 1943,
il rejoint la zone libre, puis Aubagne.
À la Libération, la vie reprend son cours. Il poursuit sa carrière d'Instituteur, avec des postes successifs à La Barasse,
puis à l'école Antide Boyer d'Aubagne dont il devient le directeur jusqu'à sa retraite en 1967.
Instituteur sévère mais juste, il forme de nombreux Aubagnais, les présentant au Certificat d'Études en fin de cours moyen.
Étonnant mais vrai ; les parents lui demandent souvent de se montrer sévère envers leur progéniture.

  Le Cri d'Aubagne et les activités journalistiques

Dès son retour de captivité, à la Libération, Georges Berni crée Le Cri d'Aubagne avec son cousin et ami Martial Bérenger.
Celui-ci s'occupe surtout de la rubrique sportive.
Le Cri d'Aubagne est un journal d'informations sur les actualités du canton d'Aubagne, paraissant tous les vendredi, durant environ six ans,
à partir d'octobre 1945, date de lancement.
Journal très apprécié des Aubagnais, aventure motivante et prenante.
C'est d'ailleurs Le Cri d'Aubagne qui a permis à Georges Berni de rencontrer Marcel Pagnol dès 1946.
L'actualité relative à Marcel Pagnol est dès lors toujours présente dans le journal.


                                                         Numéro du Cri d'Aubagne de juin 1946
                                              Titre : " Relation par Georges Sicard, de l'élection de Marcel Pagnol à l'Académie Française "
Marcel Pagnol, fidèle lecteur du journal, n'a pas tardé à transmettre une lettre de remerciements au Cri d'Aubagne pour cet article.      
Vingt huit ans après, le texte de cette lettre sera reproduit dans le n° 19, de mai 1974, de la deuxième série du Cri d'Aubagne.

               Remerciements de Marcel Pagnol au Cri d’Aubagne :
"Merci, cher Cri d’Aubagne, de votre article etde votre lettre.   
Je suis assez étonné de me voir à l’Académie, mais cette surprise ne diminue pas ma vanité. J’irai vous voir  vers la fin du mois
d’août ; j’irai saluer Madame Négrel, qui dans la chambre de ma mère - il y a déjà cinquante ans - me fit comprendre que l’affaire qui commençait pour moi était une affaire sérieuse. J’irai aussi rendre visite au tailleur de pierres, près de la statue du bon abbé.
Il sculptait, d’un même ciseau, des croix funéraires ou des mortiers pour l’aïoli. J’espère que depuis si longtemps,
il ne s’est pas découragé.
Présentez ma meilleure amitié à Georges Sicard : habite-t-il toujours ma maison natale ?
Pour lui, je ne le saluerai pas, mais je
l’embrasserai volontiers.
Envoyez-moi régulièrement votre Cri.
Il est fort bien fait, et les comptes rendus de football sont
très savoureux. Amicalement, Marcel Pagnol. "
 
                                           N.B. :
***
 Mme Négrel est, à cette époque, la sage-femme aubagnaise qui a mis au monde Marcel Pagnol. Il ne manquait pas d'aller la saluer chaque fois qu'il revenait à Aubagne.
*** " le bon abbé " : Il s'agit de l'abbé Barthélemy dont le buste en fonte se trouve alors sur la fontaine située à l'extrémité du cours Barthélemy.
Son buste a ensuite été déplacé devant le Petit Monde de Marcel Pagnol, sur un parterre fleuri. (voir la page sur le " Petit Monde de Marcel Pagnol "). Malheureusement, le parterre fleuri n'existe plus et le buste  
a de nouveau changé de place. Mais où est-il ?

*** Cours Barthélemy, il y a, à ce moment-là, un " tailleur de pierres "  
qui sculpte la pierre comme Joseph André Pagnol, le grand père de Marcel Pagnol (voir la page " Le Pont du Gard ").
*** Georges Sicard, contemporain et ami de Georges Berni (1913- 1998) est alors une figure incontournable à Aubagne.
Artiste, très cultivé, faisant parti de l'association  " Les Amis des Arts ",
il reprend avec son frère Théo, au décès de leur père Louis Sicard, l'entreprise familiale de céramiques et de faïences qu'il a créée.
Louis Sicard est l'inventeur, en1895, de la fameuse " Cigale "  
en céramique qui a depuis fait le tour du monde en chantant la Provence. 
" L'atelier d'art, maison Louis Sicard ", existe toujours.

 

Numéro 143, du vendredi 10 septembre 1948
 Titre : " Le Cri reçu par Marcel Pagnol, au moulin de La Belle Meunière "

Cet article relate le tournage du film.
Georges Berni, en vacances à Antibes - Juan-les-Pins, en août 1948, va interviewer Marcel Pagnol qui tourne La Belle Meunière
à La Colle-sur-Loup (entre Antibes et Nice, dans les Alpes-Maritimes), avec Tino Rossi et Jacqueline Bouvier,devenue ensuite
Jacqueline Pagnol. (Voir la page sur " La Colle-sur-Loup et La Belle Meunière ".)
Le tournage est effectué avec un procédé révolutionnaire à l'époque : le ROUXCOLOR.

  Lien vers la page de documentation :
 
Le Cri d'Aubagne n°143
(10 septembre 1948 - page de couverture et article sur La Belle Meunière).

    Numéro 144, du vendredi 17 septembre 1948
 Titre de l'article : " Marcel Pagnol, qui s'apprête à révolutionner le cinéma mondial, a dit au Cri :
    Nous louerons nos films (à l'étranger), mais le ROUXCOLOR restera Français ! "

        Lien vers la page de documentation :
      Le Cri d'Aubagne n°144
       (17 septembre 1948 - page de couverture et article sur le ROUXCOLOR) 

Après ce premier contact en 1948, les rencontres avec Marcel Pagnol vont se multiplier. Lorsqu'il retourne en Provence à l'occasion du tournage d'un film, Georges se trouve toujours sur les lieux, et une certaine complicité s'établit rapidement entre eux.
La fin du premier Cri d'Aubagne et la participation au Provençal

Au bout de six années de parution, les conditions matérielles ne permettent plus d'éditer Le Cri. Georges Berni et Martial Bérenger doivent abandonner. Mais Georges, toujours passionné par le journalisme, participe dans les années 1960, à la rédaction du Provençal, dont il assure des chroniques sur l'actualité d'Aubagne et de la région. Il se lie d'amitié, à cette époque, avec Philippe Bartolini, journaliste-rédacteur à l'agence aubagnaise du Provençal.

Les activités culturelles et les rencontres avec Marcel Pagnol
Durant la même période, Georges Berni développe avec les directeurs des cinémas d'Aubagne (le Comœdia, actuel théâtre ; l'Edma (actuel Palace) et le Némo (actuel Pagnol) des projections de films pour les scolaires, qui connaissent un réel succès. Il est l'un des acteurs de la vie culturelle d'Aubagne avec Georges Sicard, Lucien Grimaud, Albert Garcin et tant d'autres... Il rencontre de nouveau Marcel Pagnol en 1952, lors du tournage de Manon des Sources, à La Treille. Tournage qu'il suit avec constance.
Voici une anecdote à propos de la réalisation d'une scène :
Vers la fin du film, Manon décide de rendre l'eau à La Treille en laissant de nouveau couler la source qui avait été bouchée. Cette scène a été réalisée en plein été alors que la source qui alimente le village et la fontaine de la place de l'Église est presque à sec.
Ce sont les pompiers d'Aubagne qui ont été réquisitionnés pour " mettre la pression ". Mais ceux-ci, ayant été appelés pour éteindre un feu, toute la troupe, Marcel Pagnol en tête et les spectateurs présents, ont dû attendre plusieurs heures leur arrivée.
En 1972, de nouveau Le Cri d'Aubagne                                                                                            
En octobre 1972, Georges se lance de nouveau dans l'aventure du Cri d'Aubagne.
Maintenant à la retraite depuis 1967, il ne peut y résister. Le journal devient un mensuel, régulièrement publié jusqu'en juillet-août 1974.

Numéro 1, octobre 1972
À la une : " Marcel Pagnol à cœur ouvert "

L'article  relate la visite de Marcel Pagnol à Aubagne, à l'occasion du tournage d'une série télévisée.
Georges Berni écrit : " Durant deux jours, nous avons suivi l'équipe de cinéastes (Pierre Tchernia, Georges Folgoas, le producteur Claude Heymann), venus tourner sur lui (Marcel Pagnol) les premières séquences de six émissions destinées à la télévision."

Lien avec la page :
Le Cri d'Aubagne n°1
(octobre 1972 - article " Marcel Pagnol à cœur ouvert ")

    Numéro 16, février 1974
    Un article s'intitule : " Le temps et le vent ont eu raison d'Aubignane, le village de cinéma construit par Marius Brouquier ".
Aubignane est le village construit sur les barres du Saint-Esprit par Marius Brouquier (ou Broquier), ami d'enfance de Marcel Pagnol, pour les besoins du tournage de Regain, en 1937. Le village était si bien construit, que de nombreux aviateurs s'étaient étonnés d'apercevoir un village non répertorié sur leur carte. Trente sept ans après, en 1974, le village est bien dégradé (document qui suit), et aujourd'hui, il ne reste que l'arceau de l'entrée du village et la maison de Panturle en ruines.


 Reconstitution du village d'Aubignane et Marius Brouquier.

Lien vers la page de documentation :
Le Cri d'Aubagne n° 16
(février 1974 - page de couverture et article sur Aubignane)

Numéro 19, mai 1974
Titre : " Aubagne et la Provence ont perdu leur troubadour "

Le Cri d'Aubagne rend hommage à Marcel Pagnol qui vient de décéder le 18 avril 1974.
" Le Cri vient de perdre le plus prestigieux de ses lecteurs.
Marcel Pagnol lui avait fait l'honneur de lui écrire à plusieurs reprises. En juin 1946, au lendemain de son élection à l'Académie Française, que Georges Sicard avait brillamment célébrée dans ses colonnes de l'époque, il nous avait adressée, rédigée de sa majestueuse et ample écriture, la superbe lettre que voici : "  Merci, cher Cri d'Aubagne, de votre article et de votre lettre. Je suis assez étonné de me voir à l'Académie, mais cette surprise ne diminue pas ma vanité. J'irai vous voir vers la fin du mois d'août ; j'irai saluer Madame Négrel, qui dans la chambre de ma mère - il y a déjà cinquante ans - me fit comprendre avec deux gifles que l'affaire qui commençait pour moi était une affaire sérieuse. J'irai aussi rendre visite au tailleur de pierres près de la statue de notre bon abbé. Il sculptait, d'un même ciseau, des croix funéraires ou des mortiers pour l'aïoli. J'espère que depuis si longtemps, il ne s'est pas découragé.
Présentez ma meilleure amitié à Georges Sicard ; habite-t-il toujours ma maison natale ?
Envoyez-moi régulièrement votre Cri. Il est fort bien fait, et les comptes rendus de football sont très savoureux.
Amicalement, Marcel Pagnol."

Et dire que, vingt ans plus tard, l'auteur de ce magnifique texte avouera qu'il appréhendait d'écrire en prose ! Mais tout le Pagnol des Souvenirs d'Enfance est déjà dans cette lettre : la clarté de son style, la simplicité et la malice de ses propos, la délicatesse des sentiments, et l'extraordinaire maîtrise de notre langue. Il fut certainement, et il est peut-être le seul à s'étonner que son œuvre fût étudiée dans les établissements scolaires au même titre que celle d'Homère, Virgile, Maupassant, Anatole France ou Daudet. N'eût-il  écrit dans sa vie que ses deux chefs d'œuvre-là : La Gloire de mon Père, Le Château de ma Mère, son nom mériterait de rester, et restera, éternellement vivant.
                                                               
                                La Provence a perdu son soleil.
Dans le minuscule cimetière de La Treille où il est inhumé, sa tombe est aussi humble et aussi émouvante dans sa simplicité que celle de Gérard Philippe à Ramatuelle. Des visiteurs du monde entier viendront désormais s'y recueillir en témoignage d'admiration et de reconnaissance. Et ils ne manqueront pas de découvrir les lieux qu'il a si magnifiquement chantés.
Le moment est venu pour Aubagne de lui rendre l'hommage qu'il avait toujours décliné de son vivant. D'apposer une plaque sur sa maison natale du cours Barthélemy. De donner son nom à un édifice public digne de sa gloire présente et à venir : celui de la Bibliothèque Municipale nous vient tout naturellement à l'esprit. Nous applaudissons à l'idée du Centre Culturel d'organiser l'an prochain, à l'occasion du triste anniversaire, une Exposition.
Elle pourrait d'ailleurs être reprise dans le cadre du Mois de la Céramique et du Santon.
Et si un Groupe des Amis de Marcel Pagnol décide de se constituer, ' Le Cri ' lui est d'avance acquis de tout cœur.

Aubagne et la Provence ont perdu leur merveilleux troubadour. Il est mort debout, à la tâche, alors qu'il mettait la main à un ultime tome des "Souvenirs". Mais ses images et ses écrits ne sont pas prêts de s'effacer ; et ses récits continuerons longtemps à émouvoir et enchanter les générations à venir. Au milieu des épreuves qui les attendent, l'œuvre ensoleillée d'un enfant d'Aubagne témoignera combien la vie fut belle et douce autrefois - et les aidera peut-être à trouver le bonheur perdu..."            G.B.

Numéro 20, juin 1974
 Article : " Le Château de La Buzine ne sera  (peut-être pas) démoli ".

Le Château de ma Mère est en piteux état.
Georges Berni interviewe Germaine Gombert (la petite sœur de Marcel Pagnol), et ce sera le début d'une " croisade " auprès des média et de la Mairie de Marseille, en vue de la réhabilitation du château. Trente ans plus tard, les travaux de réhabilitation lancés par la Mairie de Marseille, ont débuté en août 2006. L'inauguration s'est déroulée le 21 juin programmée 2011.
voir la page sur " La Buzine " )

Lien vers la page de documentation :
Le Cri d'Aubagne n°20
(juin 1974 - page de couverture et article sur La Buzine)

  Numéro 21, juillet-août 1974
C'est le dernier numéro du Cri d'Aubagne.
Le Cri d'Aubagne
n'aura finalement pas résisté longtemps au décès de Marcel Pagnol.

 Mais d'autres projets sont déjà là et vont bientôt être réalisés.

  La création du Petit Monde de Marcel Pagnol, des Circuits, le biographe       
 et sur les traces de Jean de Florettte

La création du Petit Monde de Marcel Pagnol
Après le décès de Marcel Pagnol, pour lui rendre hommage, la crèche de Noël est installée dans le décor des collines qu'il avait si bien chantées de son vivant. Sachant que cette crèche abritée dans le kiosque à musique esplanade de Gaulle, était vouée à la démolition, les visiteurs sont unanimes à dire que le travail des santonniers devait être conservé.
C'est alors que Georges Berni et Lucien Grimaud ont l'idée de créer le Petit Monde.
santonniers aubagnais, notamment Monsieur Scaturro et Marius Chave, se mettent à l'œuvre pour réaliser tout un Petit Monde de santons, le Petit Monde de tous ceux que Marcel Pagnol a mis en scène dans ses pièces de théâtre et ses films, sous les traits des acteurs qui ont joué
et créé ces personnages. César a les traits de Raimu, Honorine ceux d'Alida Rouffe, Marius est Pierre Fresnay et Fanny, Orane Demazis, Le Schpountz ressemble à s'y méprendre à Fernadel... À cette occasion, Marius Chave façonne dans l'argile la fameuse partie de cartes en santons avec Raimu en César, Fernand Charpin en Panisse, Robert Vattier en Monsieur Brun et Auguste Mouriès en Escartefigue.

D'autres scènes représentent des lieux et des moments des Souvenirs d'Enfance : la partie de boules à la longue sur le cours Barthélemy à laquelle participe Joseph, le père de Marcel Pagnol ; le passage difficile dans la propriété du dernier château - le château de la honte et du désespoir, les essais de tir sur les cabinets extérieurs de la maison des vacances alors que la bonne y est enfermée...
Depuis, ce Petit Monde est visité chaque année par des milliers de touristes.
                                                               Dans Le Provençal du vendredi 22 août 1997, Georges Berni écrit :
" À la mort de Pagnol, avec Lucien Grimaud, nous avons créé Le Petit Monde, et j'ai moi-même imaginé un circuit..."

La création des Circuits dans les collines du Garlaban
En 1975, à l'occasion du premier anniversaire du décès de Marcel Pagnol, Georges Berni a l'idée, tout de suite accueillie avec enthousiasme à Aubagne, de créer des circuits de découverte des lieux où Marcel Pagnol a vécu les aventures merveilleuses de son enfance, puis tourné plusieurs de ses films, dans les collines du Garlaban.
Ce sont les Circuits Marcel Pagnol.
Depuis, chaque année, des milliers de visiteurs, guidés par les accompagnateurs de l'Office du Tourisme d'Aubagne, parcourent ces collines du Garlaban, sur les traces de notre Académicien. Ces circuits deviennent sa plus grande passion. 
Le Provençal du dimanche 5 août 1990 :
" Un jour, (dit-il) une directrice d'école, après avoir vu Le Petit Monde de Marcel Pagnol magnifiquement réalisé par les créchistes et les santonniers, m'a demandé de l'accompagner avec ses élèves sur le terrain. Je venais, sans m'en douter, de mettre le doigt dans un engrenage qui a failli m'étouffer. Au début, je me suis démené tout seul. Puis Lucien Gallorini, jardinier de la ville est venu m'épauler, suivi par Gabriel Bernard. Aujourd'hui, avec René Bonnet, Gustave Coste, Jean Avon, Henri Bonnifay et Jean Mariaud, nous sommes six à guider les quelques trois cent cinquante groupes de visiteurs (annuels)
venant de partout."
Jusqu'en 1996, alors âgé de 83 ans, Georges Berni a accompagné des cohortes de touristes et d'élèves en leur faisant partager sa passion. 


 Georges Berni (1913-1998) dans les collines, avec un groupe d'élèves.

Le Petit Monde est toujours là, et les Circuits sont parcourus par des touristes venant du monde entier, des élèves qui se reconnaissent dans Marcel et Lili, après avoir étudié leurs aventures au collège, tous guidés par les accompagnateurs dévoués de l'Office du Tourisme d'Aubagne.
Le biographe de Marcel Pagnol

Parallèlement, Georges Berni devient le biographe réputé de Marcel Pagnol. Parfois, il reçoit des étudiants français ou étrangers réalisant une thèse sur Marcel Pagnol et son œuvre.
Il publie successivement des ouvrages très appréciés :
- Marcel Pagnol, enfant d'Aubagne et de La Treille (brochure contenant de nombreux documents sur Marcel Pagnol et Aubagne - toujours disponible à l'Office du Tourisme d'Aubagne).
- Dans les pas de Marcel Pagnol (album très documenté, réédité par son fils en 2005, incluant de nombreuses photos en couleur - disponible à l'Office du Tourisme d'Aubagne).
- Merveilleux Pagnol (son œuvre, sa vie - non réédité, il en reste quelques exemplaires disponibles auprès du webmaster Georges Berni (fils)).

Sur les traces de Jean de Florette
Durant l'été 1984, le réalisateur Claude Berri vient d'obtenir le feu vert pour adapter à l'écran L'eau des collines, une histoire dramatique écrite
par Marcel Pagnol en 1962. Ce roman comporte deux tomes : Jean de Florette et Manon des Sources.
Les deux épisodes seront tournés par le réalisateur en 1985.
Claude Berri cherchait désespérément des sites pour tourner certaines séquences, car les collines du Garlaban, trop dénudées par les feux,
ne lui convenaient pas. C'est alors que Georges le conduit du côté de Riboux (la plus petite commune de France), où, émerveillé par la beauté sauvage des lieux, il a tourné plusieurs scènes des deux films ; notamment la scène où Hugolin crie son amour à Manon du haut d'un rocher.
Georges Berni a, par la suite, conduit des groupes de marcheurs, pendant plusieurs années, sur " les traces de Jean de Florette ".

La roue tourne, le temps passe, mais le souvenir demeure

Georges Berni est décédé le 10 août 1998, des suites d'une longue maladie qui l'a privé de ses chères collines.
Ses obsèques ont eu lieu à Aubagne, en présence de Jean Tardito, alors Maire d'Aubagne.
La Marseillaise du mercredi 12 août 1998 relate son décès :
" C'était un homme très instruit, passionné par Marcel Pagnol. Une passion qui était un peu sa raison de vivre ", précisait Robert Zolfanelli, ami du défunt.
" Georges était guidé par la passion et l'amour de notre ville. Tout le monde avait de l'estime pour cet homme qui avait tant de valeurs ",
estimait pour sa part Henri Bonnifay, un autre ami du défunt.

À Aubagne, depuis de nombreuses années maintenant,
une association de bénévoles " Les Amis du vieil Aubagne " a pris à cœur de maintenir vivante la mémoire du passé. Qu'ils en soient chaudement remerciés. En effet, l'histoire d'une ville ne doit pas être oubliée car les générations futures ont besoin de connaître le passé des lieux où ils ont vécu pour pouvoir construire l'avenir.
Georges Berni (fils)

N.B. : Georges Berni (fils) a fait don à la Mairie d'Aubagne, afin d'alimenter le fond d'archives de la ville, d'un exemplaire original de chaque
" Cri d'Aubagne " 
de la deuxième série (entre octobre 1972 et juin 1974),
et copie numérisée a été réalisée pour les exemplaires de la première série (entre octobre 1945 et 1951).
Ces documents sont à disposition pour consultation en s'adressant à l'Office du Tourisme d'Aubagne.

Portrait de Georges Berni (1913-1998)