Lycée Thiers

 

 

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Lycée Thiers
(entrée principale, place du Lycée -1er arrondissement-Marseille).

Lycée Thiers
(entrée des " classes préparatoires aux grandes écoles "-
rue des Trois Mages -1er arrondissement-Marseille).

La chapelle des Bernardines
(boulevard Garibaldi -1er arrondissemenr-Marseille).

Marcel Pagnol au Lycée Thiers (1)
Historique du Lycée Thiers (2)


Marcel Pagnol
entre au Grand Lycée à l'âge de 10 ans, donc en 1905.
Il commence à nous en parler dans le dernier tiers du troisième tome des Souvenirs d'Enfance (Le Temps des Secrets).
Les " grandes vacances " remplies par les courses dans les collines avec Lili, mais aussi par la rencontre avec Isabelle, vont bientôt se terminer, et Joseph commence à parler de cette rentrée scolaire, très importante, car Marcel va aller au lycée, où il suivra ses études secondaires en tant que demi-pensionnaire :
" - De toute façon, reprit Joseph, c'est une période de ta vie qui vient de se terminer : nous sommes aujourd'hui le 18 septembre, et tu vas faire ton entrée dans l'Enseignement secondaire le lundi 3 octobre, c'est à dire dans quatorze jours.
- Oui, dis-je... naturellement. Mais en quatorze jours, on a encore le temps de s'amuser ! "
Le lendemain, il va faire ses adieux à Lili : " Le lendemain matin, en partant sous les dernières étoiles, j'annonçai la triste nouvelle à Lili. Il me consola de son mieux, et déclara que c'était déjà beau de pouvoir braconner de cinq heures à neuf heures. "
Le jour de la rentrée : "  C'est le lundi 3 octobre au matin, à six heures, que sonna le grand branle-bas. Lavé, frotté, récuré (je faillis me crever le tympan) et largement nourri de tartines beurrées, j'endossai mon veston de marin... Nous partîmes donc tous les trois, vers les sept heures et demie. Je marchais à la droite de Joseph, tandis que Paul s'accrochait à sa main gauche. "
Le premier cours avec Socrate, le professeur de Latin de la classe de Sixième A
2 , s'adressant à Berlaudier, le nouvel ami de Marcel, laisse augurer de la suite : " M. Socrate le regarda une seconde, puis sur un ton sarcastique :
- Et c'est parce que vous vous appelez Lagneau que vous bêlez en classe ?
Cette fois, toute la classe éclata de rire, à gorge déployée. "
Lagneau, Oliva (Albert Cohen), Berlaudier, sont les amis de Marcel en cette année de Sixième, et Pégomas leur ennemi.
Celui-ci a fini par tellement exagérer en les insultant que Marcel décide de lui donner une bonne leçon :
" Je m'élançais vers lui d'un seul bond, et avec la base de ma paume ouverte, je le frappais de bas en haut, sous les narines, de toutes mes forces que la rage décuplait. C'était le coup de Nat Pinkerton, qui " désoriente l'adversaire "."
Ainsi se termine l'année de Sixième, sur un fait de gloire de Marcel, ainsi se termine aussi  Le Temps des Secrets (publié en 1960) troisième tome des Souvenirs d'Enfance.
Marcel Pagnol avait écrit d'autres textes qu'il comptait publier sous le titre Le Temps des Amours. La trilogie serait alors devenue une tétralogie. Il disposait de tous ses souvenirs au Grand lycée de Marseille. Mais, lancé dans d'autres réalisations, il n'a pas eu le temps de terminer. Ce n'est qu'en 1977, trois ans après son décès, à titre posthume, que Le Temps des Amours, regroupant les textes inédits de ses souvenirs, mais sans doute encore incomplets, est paru chez  l'éditeur Julliard.
Dans Le Temps des Amours, Marcel entre en Cinquième A
2 et retrouve Socrate, le professeur de Latin.
C'est alors  le chapitre de " L'affaire des Pendus " (une affaire de boules de papier mâché  lancées et collées au plafond, auxquelles sont suspendues des effigies de Socrate), puis celui de " La tragédie de Lagneau " (tragédie provoquée par boules puantes lancées en classe, par le susnommé Lagneau, mais qui finit bien).
Au cinquième chapitre, Marcel se trouve en Quatrième A
2. Nous sommes en 1909.
Les progrès en Latin sont notables, et même Lagneau devient " presque " un bon élève. Marcel commence à écrire des poèmes. Il est alors âgé d'environ quatorze ans. Dans le chapitre suivant intitulé Je suis poète , il nous livre l'un de ces poèmes dédiés à la nature :
                                                                                                          " La Chanson du Grillon "
                                                                                                           Je suis un petit grillon
                                                                                                           Noir, paisible, et solitaire...

                                                                                                           Au flanc jaune d'un sillon
                                                                                                           Loin du bec de l'oisillon,
                                                                                                          J'habite un trou sous la terre...

                                                                                                           Le soir j'en sors pour chanter
                                                                                                           Sous la lune mon amie...
                                                                                                           Je dis à l'astre argenté
                                                                                                           La splendeur des nuits d'été
                                                                                                           Sur la campagne endormie.
Ces poèmes sont regroupés sous le titre : Le livre de la Nature. En tout dix-sept poèmes d'inspiration bucolique : La Cigale  , La Chèvre,
Le Troupeau, La Chanson du Grillon, La Chanson du vent, La Chanson de la Nuit, L'Aurore, Le Coucher du Soleil, Crépuscule, Aux Pâtres,
Départ du Pâtre, Retour au Bercail, La Moisson, Le Printemps, Hiver, Épître
et Rêverie.

À partir de l'été 1910, Marcel, qui a terminé son année scolaire de Seconde au lycée, commence à adresser des pièces de vers à une revue bimensuelle de trente-deux pages Massilia, assortie d'un Petit courrier Littéraire.
Puis les études se poursuivent au Grand Lycée jusqu'au baccalauréat. Certains de ses condisciples et amis, tels Marcel Brion (entré à l'Académie française en 1964) et Albert Cohen (Grand prix du roman de l'Académie française, en 1968, pour Belle du Seigneur
),
ont développé de grands talents littéraires.
(En 1968, après la remise du prix, Marcel Pagnol écrit dans le journal Le Provençal :
" Bien avant la guerre de 1914 j'étais au lycée de Marseille, et j'avais un ami qui s'appelait Albert Cohen [...] Nous avons fait ensemble toutes nos études, mais après le baccalauréat il abandonna les lettres pour le droit et partit un jour pour la Suisse en qualité de conseil juridique à la Société des Nations. Il n'en est pas revenu, et c'est à Genève qu'il écrivit de très beaux livres, comme Solal, Mangeclous,
Le livre de ma Mère, qui eurent de très grands succès. Il est bien surprenant qu'aucun d'eux n'ait eu le prix Goncourt lorsque l'auteur était en âge de l'avoir.
Le livre que vient de couronner l'Académie, c'est Belle du Seigneur [...]
Cet après-midi, après le vote, j'ai pensé à cette classe du lycée de Marseille où Aimé Sacoman, en 1913, essayait de nous enseigner les rudiments de la philosophie. J'y siégeais entre Albert Cohen et Marcel Brion. Nous n'étions pas de très brillants élèves, et notre bon maître, qui est en Paradis depuis longtemps, a dû être bien surpris lorsqu'il a vu deux membres de ce trio, qui ont l'honneur d'appartenir à l'Académie française, téléphoner au troisième pour lui annoncer que la Compagnie venait de lui décerner le grand prix du meilleur roman de l'année."  

À la fin de ce recueil de souvenirs, Bernard de Fallois écrit le dernier chapitre intitulé Marcel Pagnol au temps des Souvenirs, dans lequel il nous donne de nombreuses informations sur cette période :
" Quand la guerre éclata, il venait de terminer son hypokhâgne, c'est à dire la première année de préparation à l'École Normale Supérieure.
Plusieurs de ses condisciples étaient devenus ses amis, et le restèrent toute sa vie. Nous en retrouvons ici quelques-uns. Deux d'entre eux devinrent médecins : ce sont Fernand Avérinos... dont le portrait savoureux nous est donné au premier chapitre sous les traits de l'externe Mérinos - et Yves Bourde, dont Marcel décrit de façon si touchante la rencontre au chapitre 7, sous le nom d'Yves Bonnet, et qui fonda avec lui la revue Fortunio en 1913."
Ainsi se terminent les "années lycée " de Marcel Pagnol durant lesquelles Socrate, son professeur de Latin, a sans doute été le révélateur de sa carrière littéraire.
Avec la revue Fortunio Marcel Pagnol se lance dans la littérature.

Historique du lycée Thiers (2)


L'actuel Lycée Thiers occupe les bâtiments du couvent des Bernardines, construit au XVIIIe siècle.
Au XVIIe siècle, à partir de 1637, les sœurs Cisterciennes de Saint François de Sales installées à Toulon, ainsi que les sœurs Bernardines de Rumilly (Haute-Savoie) s'installent à Marseille. Elles fondent un couvent  rue du Petit Puits, quartier du Panier (côté ouest du Vieux-Port) et un autre couvent quai de Rive Neuve (côté est du Vieux-Port).
Au XVIIIe siècle, les sœurs décident de quitter ce quartier du Vieux-Port occupé par l'Arsenal pour s'installer à la campagne, à l'extérieur des remparts de la vieille ville, hors de la porte Noailles.
Leur projet est confié à Pierre Paul Bruand, puis à Balthazard Dreveton, qui réalisent un superbe et très grand couvent (situé entre l'actuel boulevard Garibaldi, la Canebière et le quartier de la Plaine).
Les sœurs occupent les bâtiments à partir du 20 août 1751.
La chapelle des Bernardines, placée à l'extrémité sud du couvent est construite entre le 30 juin 1740 (pose de la première pierre) et 1747.
De 1775 à 1992, le couvent devient le siège de l'Administration Départementale jusqu'au début de la Convention du 7 février 1795, laquelle réintègre cette administration à Aix-en-Provence.
Le 10 juin 1793, des travaux sont réalisés afin d'installer la Gendarmerie Nationale dans une partie des locaux du couvent proches de la chapelle des Bernardines.
En 1794, à l'initiative du premier bibliothécaire Achard, de grands instituts culturels y sont installés, comprenant : un museum, une bibliothèque, un conservatoire de musique, une école de dessin et un lycée des sciences et des arts...
En 1796, le siège de l'Administration du Centre (de Marseille), l'une des trois mairies de la commune de Marseille prend place dans une parties des bâtiments des Bernardines.
En 1800, le préfet Charles Delacroix décide l'installation d'un véritable musée comprenant une section d'archéologie, avec des sarcophages provenant d'Arles et de l'abbaye Saint-Victor (Marseille), et une section de peinture dans deux grandes galeries.
En 1802, sous le Consulat, Georges Cuvier (1769-1832) est chargé par le gouvernement de Napoléon Bonaparte (Premier Consul, nommé à vie), d'une mission ayant pour but la création des lycées sur l'ensemble du territoire de la République.
Par la loi Fourcroy (11 floréal an X, 1er mai 1802), l'État organise le secondaire et crée des lycées publics à côté des établissements privés, afin de préparer les futures élites en abordant les enseignements spéciaux et supérieurs. Entre octobre 1802 et mai 1804, quarante-cinq lycées sont créés sur l'ensemble du territoire.
Par leur premier arrêté du 24 vendémiaire an XI (16 octobre 1802), les Consuls de la République, dont Napoléon Bonaparte (Premier Consul) décident l'ouverture d'un premier contingent de cinq lycées sur le territoire de la République, dont le Lycée de Marseille.
L'influence du préfet Charles Delacroix est capitale dans cette décision. 
C'est l'ancien couvent des Bernardines, situé au centre de Marseille, qui est choisi pour abriter le lycée. Les galeries affectées au musée sont transformées de façon à accueillir les dortoirs nécessaires aux 150 internes prévus.
Le 16 thermidor an XI (4 août 1803), le préfet Thibaudeau inaugure le lycée qui prend la dénomination de Lycée Impérial. Son ouverture a lieu 
le 8 octobre 1803. Son organisation y est évidemment très militaire. Le premier proviseur est l'abbé Roman.
Dès la deuxième année, des améliorations notables sont introduites par le nouveau proviseur Reboul.
Le 9 septembre 1804, inauguration d'un nouveau musée situé cette fois dans la chapelle ; musée contenant une partie des toiles réunies par l'ancien Préfet Delacroix. Cette collection restera dans la chapelle-musée jusqu'en 1869, année du transfert des collections au Palais Longchamp.
Louis Adolphe Thiers (Marseille-15 avril 1797, Saint-Germain-en-Laye-1877), homme politique(ministre de l'intérieur sous Louis Philippe,
appelé au gouvernement en octobre 1832), journaliste et historien, entre au Lycée en 1807 pour y poursuivre ses études jusqu'en 1815.
(Bien plus tard, le lycée prendra son nom " Lycée Thiers ".) Sous la Restauration (1814-1830) après l'abdication de Napoléon 1er (avril 1814),
le Lycée Impérial devient  " Collège Royal ", comme partout en France. 
À la suite de la Révolution de 1848  (journées insurrectionnelles des 22, 23 et 24 février 1848 qui mettent fin à la monarchie de juillet -                
règne de Louis-Philippe - remplacée par la IIIe République), le Collège Royal redevient le Lycée de Marseille.

Signalons qu' Edmond Rostand (Marseille, 1868 - Paris, 1918), poète et auteur dramatique (Cyrano de Bergerac-comédie en cinq actes-1897 ; L'Aiglon (drame-1900)...), entre au en 6e au lycée en 1879. 
Le Lycée de Marseille connaît dans les années 1880 une grande notoriété. Il est devenu le premier lycée de province par les succès de ses classes préparatoires aux Grandes Écoles (Polytechnique, Saint-Cyr...) et par ses nombreuses réussites au Concours Général.
C'est la grande époque de l'installation de l'école primaire républicaine, laïque et obligatoire sous Jules Ferry (lois de 1880 à 1882).
Vers la fin du XIXe siècle, de nombreux personnages célèbres sont formés au lycée : Weygand, Félix Gouin, Abel Bonnard, Camille Jullian,
Edmond Rostand, André Suarès...
L'année 1902, année du centenaire de la création du lycée, marque un moment de triomphe pour une institution qui a su  surmonter de nombreuses crises pour devenir l'un des meilleurs lycées de province.
Plus tard, juste avant la guerre de 1914-1918, un trio de copains y fait ses études : Marcel Pagnol, Marcel Brion (futurs Académiciens)
et Albert Cohen.
En 1914, le lycée compte 1600 élèves, et environ 110 professeurs, répétiteurs, une dizaine de surveillants d'internat...
Deux lycées annexes (sans deuxième cycle d'études : 2e, 1er, terminales) sont ouverts simultanément, le 3 octobre 1909 : le lycée Périer, au sud, dans la villa et le parc du château Perrier ; le lycée Saint-Charles, au nord, dans l'ancien pensionnat Sainte-Marie tenu par une congrégation catholique jusqu'en 1904. (Ces lycées, devenus par la suite autonomes, existent toujours à Marseille.)
Pour le distinguer des deux autres, le lycée devient le Grand Lycée .
En début de 1930, des instructions ministérielles prévoient que tous les établissements d'instruction secondaire doivent porter le nom d'un personnage illustre né dans la ville et ayant rendu des services éclatants.
Après de nombreuses discussions et hésitations entre deux propositions : Edmond Rostand et Louis Adolphe Thiers, c'est Thiers qui est choisi. Depuis 1930, le lycée est devenu le Lycée Thiers
Il comporte les deux cycles d'études du secondaire, avec quelques classes de 6e, 5e, 4e et 3e, mais surtout les classes du second cycle de 2e, 1er et terminales. Auxquels il faut ajouter les classes préparatoires aux Grandes Écoles : Polytechnique, X, Saint-Cyr,
Arts-et-Métiers et toutes les écoles d'ingénieurs, l'école Normale Supérieure, Agro (agronomiques), Véto (vétérinaire), H.E.C.(Hautes Études Commerciales), Sup. de Co. et toutes les écoles d'économie-commerce.


La  chapelle des Bernardines
La chapelle des Bernardines, située à l'extrémité sud du couvent est construite entre le 30 juin 1740 (pose de la première pierre) et 1747.

De 1747 à 1803, elle est dévolue aux cultes du couvent.
Le 9 septembre 1804, le préfet Thibaudeau inaugure un musée dans la chapelle, musée dans lequel ne sont conservées qu'une partie des toiles réunies par le préfet Delacroix.
Dès 1834, la chapelle devient aussi le siège de l'école du dessin, qui deviendra l'école des Beaux Arts en 1874.
L'école des Beaux Arts est alors transférée à la nouvelle bibliothèque Carli (ou palais des Beaux Arts), édifié entre 1864 et 1869 juste à côté du lycée.

À partir de 1937, la chapelle abrite une Maison des Arts et Lettres.
En 2010, et depuis quelques années déjà, cette ancienne chapelle abrite un théâtre  

 Comme principale référence, une étude très détaillée de l'histoire du Lycée Thiers :
Le Lycée THIERS - 200 ans d'histoire par P. Échinard - S. Orsoni - M. Dragoni (Édisud)
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