Le château d'If

Vue du bateau qui nous emmène vers les ïles de Ratonneau et Pomègues.
L'archipel du Frioul, au centre de la rade de Marseille, est constitué par ces deux îles et l'îlot d'If.
(Photographie prise en 2007.)

 

 

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L'entrée du fort, flanquée de deux tours.  Le rocher sur lequel se dresse le château d'If.
 Au fond, sur la droite, Notre-Dame-de-la-Garde.

Le château d'If. (Carte postale de 1915.)    

Un peu d'histoire


Le château d'If est situé sur l'île d'If, la plus petite des îles de l'archipel du Frioul : If, Pomègue et Ratonneau.
Les forts d'If et de-la-Garde (sur lequel se trouve la basilique de Notre-Dame-de-la-Garde) sont érigés au XVI
ème siècle, de 1529 à 1533), sous le règne de François Ier, afin de défendre le port de Marseille (Vieux-Port) et la ville, contre les menaces venues de la mer (Sarrazins, Génois, Espagnols...), mais aussi pour contrôler Marseille.
En effet, les Marseillais avaient toujours des vélléités d'indépendance et tenaient à la liberté de leur territoire, à l'instar des Génois et des Vénitiens.
Au XVII
ème siècle, Henri IV fait contruire les forts de Pomègue et Ratonneau afin de compléter la défense de la rade de Marseille et du Vieux-Port.
Enfin, au XVIII
ème siècle, Louis XIV décide la construction du fort Saint-Nicolas (1663-1664) et du fort Saint-Jean (1668)
de part et d'autre de l'entrée du VIeux-Port afin de mettre au pas la ville de Marseille et protéger l'une des principales entrées du royaume de France.
À partir du XVIII
ème siècle, le château d'If sert surtout de redoutable prison.
Prison pour 3500 Protestants arrêtés sur l'ordre du roi après la révocation de l'édit de Nantes (1685), et en transit avant d'être enchaînés sur les galères de Marseille jusqu'à leur mort.
Voici les impressions de Céphas Carrière qui écrivait en 1708 (texte en vieux français) :
" Après avoir resté environ deux ans sur les galères, je fus traduit au château d'If, forteresse dans la mer, à une lieue de Marseille. Plusieurs autres de nos frères, que les missionnaires ne pouvoient souffrir sur les galères, y furent traduits dans le même temps.
Nous nous sommes trouvés jusqu'à quinze. Notre nombre n'a pu se soutenir quoyque, comme je vous dis, on en ait toujours mené quelqu'un, car le lieu est si méchant qu'il paroît impossible d'y durer. Mon frère y est devenu perclus de tous ses membres ; il faut qu'on lui mette le pain à la bouche quand il veut manger...
J'avois commencé à vous dire que les endroits où nous sommes sont fort méchants ; en effet je ne croy point qu'il y en ait de plus rudes en France ; j'ai resté presque toujours dans le plus mauvais et dans lesquels il n'y a aucun jour, et où il faut vivre à la lumière
de la lampe ; ce sont des fonds de tour, pour descendre dans une il faut passer cinq portes, descendre seize degrés avec une lampe
à la main pour y voir, ensuite descendre encore plus bas par le moyen de quelque machine ; cela seroit plus propre à mettre les morts que les vivants, car en effet ce sont des sépulcres affreux. " 

(Les galères de France et les galériens protestants des XVII
ème et XVIIème siècles - Gaston Tournier (1872-1945) - Les Presses du Languedoc - Édition 1984.) 
 
Prison sans espoir d'en sortir pour certains et prison pour de grands personnages tel Mirabeau (1749-1791) entre septembre 1774
et avril 1775.    

Histoire et mythe se conjuguent :

Quand Alexandre Dumas publie " Le comte de Monte-Cristo " dès 1844,  le château d'If entre dans la légende.
Edmond Dantès et l'abbé Faria ont-ils vraiment vécus de longues années dans les geoles du château ? Il existe en tous cas une
cellule Edmond Dantès. Et c'est là que le mythe devient plus réel que la réalité.

Histoire et mystère ; Marcel Pagnol historien et enquéteur :

Une cellule porte le nom du Masque de Fer. Qui est le Masque de Fer ? Qui se cachait sous ce masque à l'époque de Louis XIV ?
Était-ce le frère jumeau de Louis XIV ?
Marcel Pagnol a passé les dix dernières années de sa vie à essayer de résoudre cette énigme.
Il a publié un essai historique " Le Masque de Fer " en 1964 ; repris et complété sous le titre " Le secret du masque de Fer " en 1973.
Il nous fait suivre ses investigations et nous fait part des différentes hypothèses plausibles en recoupant de nombreux documents.
Il apparait toutefois, dans les conclusions de cette minutieuse enquête, que le Masque de Fer n'a pu être le frère jumeau du Roi Soleil.


Une histoire vrai : le rhinocéros du château d'If :
En 1514, Afonso de Albuquerque, gouverneur de Goa (Inde portugaise) envoya deux ambassadeurs auprès de Muzaffar Shah II, sultan de Cambay (Khambhat), ville de la province indienne du Gujarat, pour lui demander l'autorisation de construire un fort sur l'île de Diu. Celui-ci refusa, mais renvoya les ambassadeurs avec de nombreux cadeaux, dont un rhinocéros. (Les rhinocéros indiens ne portent qu'une corne, contrairement aux rhinocéros africains qui en portent deux.)
Afonso de Albuquerque fit embarquer rapidement ce cadeau royal pour Lisbonne. Le bateau quitta Goa en janvier 1515, pour arriver à Lisbonne le 20 mai 1515.
L'animal, venant ainsi enrichir la ménagerie du roi Manuel Ier, fit forte impression sur le souverain et son entourage. Le roi décida de l'offrir au pape Léon X, membre de la famille des Médicis, car il avait besoin de son appui pour garantir les droits du Portugal en Extrème-Orient et au Brésil. Le rhinocéros fut donc embarqué, avec d'autres précieux cadeaux, en décembre 1515, pour Rome.
Le vaisseau relâcha sur l'ïlot d'If, dans la rade de Marseille, au début de l'année 1516.
Mais cet animal, totalement inconnu en Europe, avait acquis une telle renommée, que le roi de France,
François Ier, en déplacement à Saint-Maximin (la Sainte-Baume, en Provence), voulut absolument voir l'animal. Cette rencontre eut lieu sur l'îlot d'If le 24 janvier 1916.
Puis le navire repartit vers Rome, mais fit naufrage près de Porto Venere, sur la côte de Ligurie.
Le rhinocéros, enchaîné à bord, se noya. On ne sait trop s'il fut ou non repêché. Fut-il repêché, puis empaillé ? Le plus probable est que l'on ait ramené au Pape "son vrai portrat, grandeur nature", avec le récit de sa fin tragique.
Le rhinocéros fut représenté par des artistes de renom comme Raphaël, Giovanne de Udine, et d'autres moins connus.
Un document parvint à Nuremberg où vivait Albrecht Dürer, inspirant l'artiste. Il représenta tout d'abord l'animal par un dessin à la plume et encre, puis en fit une lithographie par gravure sur bois, représentation qui reste la plus connue.

 


Lithographie du rhinocéros par Albrecht Dürer (1471-1528).
Certaines fantaisies anatomiques ont été ajoutées par l'artiste.
Mais il est tout excusé, car celui-ci n'avait jamais vu (en vrai),
et ne verra jamais de sa vie, un rhinocéros.
 

- Les cachots se répartissent sur deux niveaux.
Sur les parois de l'un des cachots, subsistent des inscriptions gravées dans la pierre par un détenu.

- La cour centrale avec le puits permettant d'accéder à la réserve d'eau des
citernes enterrées, pour stocker les eaux pluviales.

 

 

- Sur la paroi du fond de la cour centrale, une plaque gravée perpétue le souvenir des Protestants persécutés sous le règne de Louis XIV.

 

 

 

 

 

 

  L'accueil des Goélands (Gabians, en Provençal).
Le château d'If